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Conjoncture économique

« Selon l’Institut suisse Créa, une partie du rebond conjoncturel actuel dans les pays européens est dû aux plans de relance et à la reconstitution des stocks. Or les effets des plans de relance s’amenuisent, ce qui risque d’être pénible pour les économies, d’autant plus que les déficits budgétaires accumulés mèneront bientôt les autorités à prendre des décisions difficiles. » Les plans de rigueur ou d’économie se multiplient, que ce soit en Espagne, en Allemagne, en Italie ou en France. Au début de la crise, la reprise était annoncée pour 2010. Elle est aujourd’hui attendue pour 2012. Même si la conjoncture s’améliore aujourd’hui, la fin de l’année s’annonce sous des auspices moins favorables. Le dynamisme des économies émergentes devrait se tempérer quelque peu, notamment en Chine, et, dans de nombreux pays, la croissance commencerait à subir les effets négatifs des déséquilibres de finances publiques.

Pour le 2ème trimestre, les enquêtes auprès des chefs d’entreprises laissent prévoir un fort rebond de la production, notamment manufacturière, dans la zone euro. L’activité serait soutenue par le dynamisme du commerce mondial, qui perdure. La dépréciation de l’euro commencerait en outre à faire sentir ses effets positifs. Le rebond serait vif en Allemagne, où les perspectives des industriels sont très favorables selon les enquêtes. La France bénéficierait également de ce contexte plus porteur : la croissance du PIB atteindrait 0,5 % au deuxième trimestre, après 0,1 % au premier." [1]

En Suisse

" Selon le Groupe d’experts de la Confédération Suisse, « la reprise conjoncturelle s’est consolidée depuis l’automne 2009 et les perspectives à court terme sont meilleures qu’il y a encore quelques mois. Toutefois, en raison de la modération attendue des impulsions économiques à l’échelle mondiale et d’une demande intérieure qui devrait se tasser légèrement, le rythme de la reprise devrait ralentir quelque peu en Suisse au cours de cette année. Pour 2010, le Groupe d’experts de la Confédération table néanmoins sur une croissance plus élevée que durant la prévision précédente de décembre (+1,4 % de croissance du PIB contre +0,7 % prévu en décembre dernier). Pour 2011, le pronostic d’un raffermissement graduel de la conjoncture reste inchangé, avec une croissance du PIB attendue à +2 %. Les perspectives pour le marché du travail, qui étaient relativement sombres, se sont elles aussi un peu éclaircies. Une véritable détente sous forme de progression de l’emploi et de recul régulier du chômage ne devrait toutefois pas être avoir lieu avant 2011. " [2]

En mars dernier, le FMI (Examen Article IV) a relevé ses prévisions pour la Suisse et s’attend à une croissance de 1,5% pour 2010.

  • Dans le canton de Genève

" L’industrie, fortement tournée vers les marchés internationaux, et même si les industriels jugent la situation insatisfaisante, la marche des affaires se révèle bien meilleure qu’il y a un an – la valeur des exportations du canton a ainsi fortement progressé au premier trimestre. Les perspectives aussi sont franchement positives.

Dans la construction, alors que la branche avait bien traversé la crise en 2009, la situation se dégrade. Elle est jugée mauvaise dans le gros œuvre du bâtiment, notamment à cause des mauvaises conditions atmosphériques subies durant l’hiver, et les travaux d’aménagement. Dans le génie civil et les travaux d’installations, elle reste bonne. En raison d’ouvertures de chantier importantes, les perspectives dans le gros œuvre sont moins pessimistes qu’auparavant.

Dans le commerce de détail, la situation est en revanche toujours jugée insatisfaisante. Néanmoins, les commerçants devraient commencer à profiter d’un climat de consommation qui poursuit son embellie, d’une masse salariale en progression, d’un renchérissement toujours contenu et d’un taux de chômage en léger repli depuis février 2010. " [3]

  • Dans le canton de Vaud

« Dans l’industrie, le redressement se poursuit dans la plupart des secteurs. Sur le plan suisse, tout comme sur le plan vaudois, l’indicateur synthétique de la marche des affaires, en constante amélioration, atteint des valeurs positives pour la première fois depuis le 2e trimestre 2008.

Dans la construction, les conditions atmosphériques peu propices de cet hiver ont pesé sur ce début d’année dans la construction. Les affaires, en particulier dans le second œuvre, en ont ressenti les effets. Malgré cela, la situation peut être qualifiée de relativement bonne mais l’appréciation diffère notablement selon les domaines. Le chiffre d’affaires des entreprises du gros œuvre a évolué favorablement ces douze derniers mois, alors que pour le second œuvre, la reprise constatée fin 2009 ne s’est malheureusement pas confirmé lors du premier trimestre. » [4]

Pour en savoir plus sur la conjoncture économique en Suisse et suivre son évolution :

SECO - Portail : Mesures de stabilisation

SECO - Faits et chiffres de la situation économique

L’analyse rédigée par le Service économique de l’Ambassade de France à Berne : Conjoncture économique en Suisse au printemps 2010 (04/2010)

En France

" La reprise se prolongerait mais à petite vitesse. Suivant la tendance générale, l’économie française, après un léger rebond au deuxième trimestre (+0,5 %), s’inscrirait en hausse modérée (+0,4 %) aux 3ème et 4ème trimestres. Cette croissance placerait la France en position intermédiaire entre Allemagne et pays du Sud de la zone euro. L’activité progresserait ainsi de 1,4 % en 2010, après la récession de l’année précédente (-2,5 %(1).

Après avoir nettement ralenti en début d’année, la production manufacturière bénéficierait d’un certain rebond au deuxième trimestre (+1,5 %) avant de retrouver un cours plus normal au second semestre (de l’ordre de +0,5 % par trimestre).

La production dans le secteur de la construction s’est de nouveau nettement repliée (-1,9 %, après -1,8 % au 4ème trimestre 2009), dans un contexte de baisse généralisée de l’investissement en construction, amplifiée par un hiver rigoureux. L’activité dans ce secteur resterait orientée à la baisse d’ici la fin de l’année. Mais cette baisse serait de moins en moins prononcée. Dans les travaux publics, l’activité rebondirait au deuxième trimestre, les entrepreneurs rattrapant leur retard de production occasionné par les conditions météorologiques difficiles du début d’année. La production dans la construction se stabiliserait donc au 2ème trimestre (+0,0 %), avant de se replier à nouveau au 3ème trimestre (-0,7 %). Enfin, une stabilisation de l’activité est attendue au 4ème trimestre (+0,1 %). Au total, sur l’année 2010, la production dans le secteur de la construction resterait en net recul (-4,7 %, après -5,1 % en 2009). " [5]

  • En région Rhône-Alpes

" L’indice d’activité de Rhône-Alpes d’avril indique une amélioration du niveau de l’activité plus élevée sur l’année 2010 que celle qui était prévue il y a encore quelques mois. L’économie rhônalpine semble être dans une phase de reprise plus forte que l’économie nationale. Il faudrait toutefois, si cette tendance se confirme, attendre le premier semestre 2011 pour retrouver le niveau d’activités de fin 2007. Cette tendance reste pourtant relativement fragile en raison des incertitudes qui pèsent sur le maintien du niveau de la consommation des ménages, moteur de la croissance pour l’instant.

D’autre part, les menaces liées à l’évolution de la dette et du déficit de certains pays européens sont porteurs de risques monétaires susceptibles de remettre en cause l’évolution à la hausse de l’activité. Les difficultés de trésorerie des entreprises, après une période de sous-activité importante, risquent de les pénaliser afin de profiter pleinement de l’amélioration de la conjoncture dans une période de mutations importantes1. La croissance reste cependant trop faible pour produire une amélioration notable du marché du travail et la création d’emplois, même si, pour la première fois depuis longtemps, le chômage régional amorce une légère décrue en février de 0,3 % contre une hausse de 0,1 % au plan national." [6]

Note : le CESR (Conseil économique et social régional) a constitué un indicateur avancé permettant d’anticiper les points de retournement entre les phases d’expansion et de ralentissement de l’activité économique. Il a ainsi souhaité faire évoluer sa contribution annuelle sur la situation économique et sociale vers plus d’anticipation de la conjoncture régionale plutôt qu’une analyse des tendances passées. En fédérant les producteurs régionaux d’information économiques et en s’appuyant sur des économistes experts en prévision économique, le CESR a élaboré un indicateur utile pour l’anticipation économique des acteurs régionaux." Il s’agit ici de la 3ème édition de cet indice.

Selon l’enquête d’avril 2010 réalisée par l’INSEE Rhône-Apes dans l’industrie, l’activité se redresse au cours du premier trimestre et continuerait sa progression au deuxième. L’opinion sur le niveau des carnets de commandes s’améliore pour le troisième trimestre consécutif. Les stocks se stabilisent à un niveau légèrement inférieur à leur moyenne de long terme. Les industriels enquêtés en avril 2010 estiment que leurs effectifs baissent moins qu’en début 2009 et que leur recul serait encore moindre au deuxième trimestre. [7]

Toujours selon l’INSEE Rhône-Alpes, cette fois pour le secteur du bâtiment, la demande est jugée atone par les chefs d’entreprises, avec des perspectives moins dégradées qu’auparavant. Selon l’enquête de conjoncture d’avril 2010 auprès des entrepreneurs du bâtiment, l’activité au 1er trimestre reste inférieure à sa moyenne de longue période mais se dégrade moins qu’au premier semestre 2009. Concernant les perspectives des chefs d’entreprise pour leur propre activité, l’amélioration amorcée au second semestre de l’an passé se confirme en vue du 2ème trimestre 2010. Pourtant, l’opinion sur les carnets de commandes se maintient en ce début 2010 à son niveau très bas enregistré tout au long de 2009. Quant aux prévisions d’effectifs, elles se redressent légèrement tout en restant inférieures à leur moyenne de long terme. Enfin, les perspectives générales des chefs d’entreprise continuent de s’améliorer. [8]

Dans le commerce détail, la situation est jugée médiocre mais avec des perspectives d’amélioration. Les détaillants enquêtés par l’INSEE en mai 2010 jugent leur activité de mars-avril en légère amélioration par rapport au début d’année et prévoient une stabilisation pour mai-juin. Les intentions de commandes des détaillants s’améliorent. Ils estiment que leurs stocks augmentent et se rapprochent de leur niveau moyen de long terme. Les perspectives d’emploi sont plutôt à la stabilisation. [9]

Pour en savoir plus sur la conjoncture économique en France et suivre son évolution :

Ministère chargé de la mise en œuvre du plan de relance - Plan de relance

Portail de l’INSEE, rubrique Thèmes > Conjoncture > Analyses de la conjoncture

Pour aller plus loin : La France et l’Europe face à la crise économique

Le Centre d’analyse stratégique propose une série de notes d’analyse sur le thème « La France et l’Europe face à la crise économique ». Cette série de notes d’analyse propose de répondre à une série de questions sur la thématique de la crise économique. Les deux premières notes proposent un diagnostic et un constat de la situation économique en France et en Europe.

Evolution du chômage de part et d’autre de la frontière [10]

Territoire Taux de chômage au 1er trimestre 2010 (mars 2010 pour la Suisse Tendance Taux de chômage au 1er trimestre 2009 (mars 2009 pour la Suisse
Haute-Savoie 7,3 %* - 8,4 %
Ain 6,8 %* - 7,5 %
Rhône-Alpes 8,9 %* + 8 %
France 9,5 %* + 8,7 %
Canton de Genève 7,3 % - 6,5 %
Canton de Vaud 5,9 % - 4,8 %
Canton du Valais 4,7 % - 3,9 %
Suisse romande et Tessin 5,8 % - 4,8 %
Confédération helvétique 4,2 % - 3,4 %

* données provisoires

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