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La Suisse lieu de destination des transfrontaliers

Sur les 320.000 actifs transfrontaliers allant travailler quotidiennement dans les pays voisins, plus de 135.000 vont en Suisse, attirés par des salaires nettement supérieurs.

Déséquilibre : seulement 11.000 personnes résidant de l’autre côté de la frontière viennent travailler en France alors que 320.000 habitant de ce côté-ci vont travailler dans les pays voisins. Surtout vers la Suisse, le Luxembourg, l’Allemagne, la Belgique et Monaco. Au cours des dix dernières années ce va-et-vient s’est accentué, sauf avec l’Allemagne, et le déséquilibre aussi, comme le confirme une étude de l’Insee sur cette question. Genève, Luxembourg, Bâle et Monaco attirent près des deux tiers des transfrontaliers. De ces quatre pôles d’attraction, l’agglomération genevoise est le plus important avec 60.000 « navetteurs ». Le nombre de ces salariés a doublé entre 1999 et 2010. A tel point d’ailleurs que le canton de Genève et le district de Nyon dans le canton de Vaud forment avec le bassin du Genevois français une véritable agglomération transfrontalière. Dans l’Eurodistrict de Bâle, autre agglomération transfrontalière d’importance, les mouvements paraissent au contraire s’être stabilisés. Le Luxembourg constitue l’autre principal aimant de transfrontaliers : ils y constituent 40 % de l’emploi dans le Grand-Duché et la moitié d’entre eux sont français, provenant pour l’essentiel des bassins d’emploi de Thionville et Longwy. A Monaco également les résidents français constituent plus de la moitié des salariés mais la principauté est complètement enclavée dans l’Hexagone.

Peu de cadres

La Suisse (plus de 135.000 navetteurs) est de très loin la destination principale, devant le Luxembourg. Jean-Michel Floch, auteur de l’étude, explique pourquoi : « Les différences de salaire entre ces deux pays et la France sont la principale cause de ces migrations [...]. L’écart entre ce que touche un frontalier travaillant en Suisse et ce qu’il gagnerait s’il était resté en France est estimé à 75 % dans le cas des salariés du canton de Genève et à 50 % pour ceux de l’arc jurassien », poursuit le statisticien. Dans la majeure partie des cas (hors Monaco), ces transfrontaliers sont des ouvriers ou des employés. Très peu de cadres.

Le poids de ces migrants joue parfois un rôle non négligeable dans l’économie des bassins d’emploi où ils résident. Notamment dans les zones où ils sont les plus nombreux : à Longwy, dans le Genevois français, à Saint-Louis et à Menton ces emplois transfrontaliers constituent ainsi plus de 40 % de l’emploi total. Dans les bassins francs-comtois de Pontarlier et de Morteau, c’est plus du quart. « Dans les zones les plus concernées, la majorité des revenus salariaux peut provenir du travail frontalier », précise l’Insee.

L’Institut révèle enfin que 10 % des quelque 320.000 personnes vivant côté français et travaillant de l’autre côté de la frontière n’ont pas la nationalité française. Autrement dit des actifs qui se sont installés en France mais continuent de se déplacer pour travailler dans leur pays. Tant pour des raisons de niveau de prix de l’immobilier, de fiscalité, voire pour des raisons de qualité de vie. Les Allemands et les Belges sont les plus nombreux dans ce cas, mais le phénomène a pris de l’ampleur ces dernières années pour les Suisses.

Source : PHILIPPE MOREAU, Les Echos

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