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Menaces sur l’emploi en Suisse

Alors que le franc suisse, qui s’échangeait hier au cours de 1,2637 franc pour 1 euro, a progressé de 14,22 % en un an face à la monnaie unique européenne, les Helvètes s’inquiètent de son envol. Daniel Lampart, l’économiste en chef de l’Union syndicale suisse (USS), estime que la spéculation sur le franc menacerait plus de 100.000 emplois dans la Confédération. « Plusieurs modèles macroéconomiques démontrent qu’une valorisation de 10 % du franc suisse entraîne une réduction d’au moins 2,5 % des emplois, soit 100.000 postes de travail, et un impact négatif de 3 % sur le PIB », juge le syndicaliste. Les entreprises qui exportent une grande partie de leur production sont les premières touchées. « 95 % de nos produits sont fabriqués en Suisse, explique aux "Echos" Nick Hayek, le directeur général de Swatch Group. Nos coûts sont donc en francs suisses. Lorsque notre devise augmente de 1 centime par rapport au dollar, notre chiffre d’affaires baisse automatiquement de 28 millions de francs. Et une variation de 1 centime d’euro le fait évoluer de 20 millions de francs suisses. Si le franc avait été stable l’an dernier, nos revenus auraient ainsi été d’environ 700 millions de francs supérieurs à ceux que nous avons enregistrés. »

Les banques en accusation

La flambée de la devise helvétique n’affecte toutefois pas uniquement les exportateurs. Une hausse du chômage a en effet un impact sur la consommation intérieure. Pour freiner l’envolée du franc, les experts souhaiteraient combattre la spéculation sur les monnaies. Très actives sur ce marché afin d’attirer à elles les fonds étrangers qu’elles ont perdus durant la crise, les banques helvétiques sont tout particulièrement montrées du doigt. Pour limiter leurs interventions sur le marché des devises, Daniel Lampart propose que la Banque nationale suisse (BNS) passe un accord avec ces établissements, comme ce fut le cas dans les années 1970. Une taxe sur les transactions financières est une autre option envisageable. Les entreprises exportatrices pourraient, elles, bénéficier d’un taux spécial pour changer leurs euros contre des francs. Ce modèle avait, lui aussi, été appliqué dans les années 1970 pour les sociétés travaillant dans l’horlogerie, le textile et le bois. D’autres spécialistes, comme Hans Hess, le président de l’association patronale Swissmem, souhaiteraient la création d’un système de couverture de change attractif pour les PME. « Si nous voulons stopper la hausse du franc, nous devons en lier le cours à l’euro », a jugé dans « Der Sonntag » l’ancien président du Parti socialiste suisse, Peter Bodenmann.

Plusieurs experts cherchent toutefois à calmer la panique actuelle. Interrogé par « Le Temps », Jan Poser, l’économiste de la banque Sarasin, trouve les estimations de l’USS exagérée. « Ces modèles macroéconomiques ne collent pas toujours à la réalité de l’économie suisse, basée notamment sur des marchés de niche moins sensibles à la concurrence sur les prix », explique-t-il. Beaucoup d’entreprises ont, de surcroît, déjà rationalisé leurs activités et leur rentabilité leur permet de supporter la hausse du franc. Pour l’instant…

Source : frédéric thérin, Les Echos

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